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Coaching Philosophie

Le meilleur est devant nous

Une pensée pour la génération sacrifiée du football américain

Le monde change plus rapidement que jamais. Cela a ses avantages et ses inconvénients. La seule chose qui est certaine, c’est que tout le monde a sa propre opinion, et que nous sommes tous influencés par de nombreux biais.

Qui n’a jamais pensé que sa génération était meilleure que la précédente ? Qui n’a jamais dit “c’était mieux avant”. Qui n’a jamais dit “les jeunes d’aujourd’hui” ? Qui n’a jamais dit “on a toujours fait comme ça”…

Toutes ces pensées sont biaisées, car en tant qu’individus, que nous soyons coach ou joueur, nous sommes amenés à tous voir au travers de notre propre prisme.

Ce prisme est façonné par notre expérience du monde : où sommes-nous nés, de quelle classe sociale sommes-nous, d’où est-ce que l’on vient, quel est notre groupe culturel d’appartenance.

Cependant aujourd’hui le monde est plus ouvert que jamais

“Les enfants d’aujourd’hui ont plus en commun avec leurs pairs du monde entier qu’avec les adultes de leur propre pays”

The Generation Z Guide – Ryan Jenkins

Cette citation parle d’elle-même. Nous sommes au tournant d’un bouleversement dans nos clubs. Les générations de jeunes athlètes qui arrivent en séniors ne se souviennent pas des tragiques événements du 11 septembre 2001. Ils sont ce qu’on appelle la génération Z.

Ils sont très différents des générations précédentes.

Ces différences se traduisent dans tous les domaines, que ce soit à l’école, ou dans le monde du travail, mais aussi dans nos associations sportives.

Ils ont grandi dans un monde avec internet à portée de main, où tout le savoir de l’humanité est accessible en 1 clic. Dans un monde où voyager est facile. Dans un monde où l’on croit pouvoir devenir ce que l’on veut et la preuve est sur Instagram.

D’après Jenkins, “La génération Z est plus susceptible que les générations précédentes de choisir une ville avant un emploi”.

Cette génération est mondialisée.

Leur vision du monde, leur prisme est différent.

Une génération de consommateurs

Depuis que je coach, j’ai beaucoup entendu de critique sur la future génération, mais celle qui ressort le plus est tout de même celle-ci :

“Ce sont des consommateurs”

Entendez par là qu’ils ne sont pas prêts à s’investir à 100% dans le projet du club, ou à faire le maximum pour être par eux même de bons joueurs.

Maintenant, imaginez avoir 18 ans aujourd’hui.

Vous avez grandi dans un monde où vous avez vu vos parents perdre leur travail pendant la crise de 2008.

Vous avez grandi dans un monde où tout est possible, dans lequel des gens inconnus deviennent milliardaires, et la preuve est sur Instagram.

Vous avez grandi dans un monde où vos parents ne comprennent pas l’importance de l’écologie. Pourtant quand vous leur en parlez, vous parlez de votre avenir.

Vous avez grandi dans un monde où aller à l’école n’a aucun sens, car les métiers de demain n’existent pas encore.

Est-ce que vous avez vraiment envie de vous investir dans quelque chose qui ne fait pas sens? Aller à l’entraînement deux fois par semaine pour ne rien apprendre ou jouer avec des gens que vous ne comprenez pas et avec qui vous ne partagez rien ?

Et si le problème c’était le modèle et pas les joueurs ?

La proposition de valeur

En marketing, une proposition de valeur est un produit, un service ou une expérience qui crée des avantages (pour le client) et résout des problèmes.

Toutes les multinationales actuelles ont bien compris ça, si bien qu’aujourd’hui on peut commander tout ce dont on a besoin sur Amazon, se faire livrer un restaurant à la maison avec Deliveroo et soutenir un projet qui nous ressemble sur Kickstarter.

Toutes ces choses sont devenues la norme. Cette norme impacte tout le reste… Y compris pour la vie associative !

Les baby-boomers considéraient l’éducation comme un rêve, la génération X comme un facteur de différenciation, la génération Y comme norme culturelle et la génération Z pour les études d’avocats et de médecine uniquement”

The Generation Z Guide – Ryan Jenkins

Les jeunes d’aujourd’hui ont besoin de sens.

Vous ne pouvez plus leur demander d’aller au charbon comme on vous le demandait dans les années 80, car papa a sacrifié sa vie entière à travailler et n’a toujours pas eu d’augmentation.

Alors, allez mettre des coups de boules pour un coach qui ne connaît même pas mon nom ? Autant aller jouer au Basket !

“30% des membres de la génération Z accepteraient une réduction de salaire de 10 à 20% pour travailler dans une entreprise dont la mission leur tient à cœur”

The Generation Z Guide – Ryan Jenkins

Les jeunes d’aujourd’hui sont prêts à faire des choix, à se battre pour des causes auxquelles ils croient.

À mon sens il faut se poser les bonnes questions :

Quelle est la proposition de valeur du football américain ?

Quels avantages y a-t-il à pratiquer le football ?

Quels problèmes ont ces jeunes que nous pouvons résoudre grâce au football ?

Dream generation

Il vous suffit d’ouvrir Instagram pour voir des gens du monde entier vivre leurs rêves.

Dans le petit monde du football français, il y a Dablé, Mahoungou et quelques autres.

Ils sont les pionniers, les “premiers” à l’avoir fait, les premiers à être parti là-bas. Les premiers à avoir rêvé et vécu leurs rêves.

Récemment un joueur d’une trentaine d’années m’a dit : “J’aurais aimé avoir vingt ans aujourd’hui, avec toutes les opportunités qu’ont les jeunes aujourd’hui”.

Avoir sa chance outre-Atlantique n’est plus quelque chose d’inhabituel, c’est devenu une norme. D’autant plus que chaque année des CÉGEPS viennent chercher des athlètes chez nous pour remplir leur programme.

Ici il n’est pas question de savoir si c’est bien ou mal. Seulement de vous faire comprendre que dans leur tête tout est possible.

Alors sommes-nous en mesure de leur faire vivre leurs rêves ?

La fracture générationnelle

Dans nos clubs il y a une vraie fracture entre ces jeunes et les anciens.

Aujourd’hui, pour chaque ancien qui veut aller boire une bière à la place d’aller à un entraînement, il y a un jeune complètement exacerbé qui rêve de jouer à un meilleur niveau.

Pour chaque coach qui dit “Ça ne marche pas en France comme aux États-Unis”, il y a un gamin qui rêve de pouvoir jouer là-bas.

Pour chaque président qui utilise le budget du club pour payer des bières après les matchs, il y a un joueur qui s’entraîne dur à la salle le lundi matin après le match.

Est-ce que c’est vraiment ça notre proposition de valeur ?

Les jeunes que l’on considère comme étant des consommateurs sont en fait des jeunes qui ont soif d’apprendre, qui ont la niaque, qui ont envie de trouver leur chemin.

“La génération Z est engagée dans l’apprentissage et le développement continus, car ils savent que leur carrière sera plus longue et plus diversifiée que celle de toute autre génération de l’histoire”

The Generation Z Guide – Ryan Jenkins

Ce qu’ils veulent vraiment

Ils veulent s’entraîner dur, ils veulent être une famille sur le terrain, dans l’adversité, pas dans les bars.

Ils veulent devenir meilleurs, ils veulent progresser, et ils sont prêts à tout, comme partir jouer en Élite pour être mieux coaché.

Ils sont même prêts à payer pour ça, et à vivre dans l’insécurité.

Mais on pourrait continuer de penser que ce sont des consommateurs…

C’est tellement facile de rejeter la faute sur des facteurs externes, surtout quand on ne comprend pas les tenants et les aboutissants.

Mais est-ce que ce n’est pas de notre faute ?

Notre culture

Le football est un sport incroyable… Tellement incroyable que des personnes comme Bill Walsh et Bill Bellichick ont inspiré des générations entières de joueurs, coach, mais aussi d’entrepreneurs, qui n’ont rien à voir directement avec le football.

Tout est là, devant nos yeux. Comme si notre sport n’était qu’une métaphore.

Tous les ans, Bill Belichick et Nick Saban font un état des lieux de leur saison, qu’ils aient gagné ou perdu.

C’est tout juste s’ils conservent leurs trophées après les avoir gagnés.

Le passé appartient au passé !

La seule question qui reste c’est : comment peut-on faire mieux ?

Conclusion

Les joueurs sont tout ce qui compte.

Sans joueurs, pas d’équipe, pas d’équipe, pas de coach, sans coach pas de club, sans club pas de fédération. Les joueurs doivent être notre première considération. N’oubliez pas, ils sont le futur !

Les jeunes d’aujourd’hui vivent une crise sans précédent. Le Covid-19 changera à jamais leur génération et la suivante.

Certains de ces jeunes étaient censés passer les plus belles années de leur vie en 2020 et 2021. N’oublions pas qu’ils sont d’ores et déjà une génération sacrifiée. À nous de faire notre maximum pour qu’ils trouvent du sens et qu’ils trouvent leur place dans nos clubs dès la saison prochaine.

Si certains d’entre vous sont intéressés pour mettre en commun des solutions pour les jeunes au travers du football, je suis prêt à ouvrir un groupe de discussion sur Discord. Que vous soyez coach ou joueur. Contactez-moi directement par mail; si nous sommes suffisamment nombreux, j’ouvrirai un canal.

Le football a changé la vie de beaucoup d’entre nous, et nous pouvons continuer de changer des vies à travers le football.

Mais quelle est notre proposition de valeur ? Quelles sont les promesses que nous pouvons faire à ces jeunes ?

Merci d’être toujours de plus en plus nombreux à me suivre et à me lire, soyez fort, soyez ouvert d’esprit et donnez le meilleur de vous-même.

Coach Charles

3 réponses sur « Le meilleur est devant nous »

Bonjour
Un articles qui pose des questions c est intéressant.
Mais je ne pense pas qu il faille faire une généralité des bosseurs.
Le rêve c est aussi bâtir une vie après. Jouer au football là-bas c est bien. Mais après.
Une nouvelle fois vous revez a 5 ans alors que l objectif est à 10 ou 20 ans.
Même si les jobs de demain n existent pas encore, il faudra des bases pour y accéder et être la aussi le meilleur.
Bien a vous

Bonjour,

De manière générale il faut éviter de faire des généralités. C’est la raison d’être de cet article. Tous les gamins ne sont pas des consommateurs…

Pour ce qui est de bâtir une vie après le football : C’est une question qui est tout de même bien plus complexe. Mais je crois que nôtre role de coach consiste en grande parti à faire de leurs années de football un pilier sur lequel ils pourront s’appuyer. Cela ne peut se faire qu’en leur faisant vivre le foot au travers de principes vertueux qu’ils pourront réutiliser dans d’autre domaines.

Quoi qu’il en soit, le but de cet article était bien de soulever quelques questions.

Merci d’avoir pris le temps de le lire et de le commenter,

Coach Charles

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